En 2025, le secteur des paiements électroniques en Tunisie affiche des signes de dynamisme, mais aussi des limites persistantes. Le nombre de cartes bancaires en circulation a atteint 5,85 millions, soit une progression de 6,6 % par rapport à l’année précédente. Les transactions réalisées avec ces cartes ont quant à elles connu une hausse significative, avec 164,8 millions d’opérations enregistrées (+8,9 %), pour un montant total de 29 498 millions de dinars (+12,3 %).
Un paradoxe persistant : l’attachement aux espèces
Malgré cette croissance, le réseau de distributeurs automatiques de billets reste figé à 3 300 appareils, un chiffre quasi inchangé. Pire encore, 75 % des transactions continuent de s’effectuer en espèces, révélant une résistance tenace aux méthodes de paiement dématérialisées. Les paiements par carte, bien qu’en hausse, ne représentent que 40 % du volume des opérations et seulement 25 % des montants échangés. Ce décalage souligne une préférence marquée pour le cash, notamment pour les transactions de gros montants.
Une saturation des points de retrait ?
Le ratio de cartes par distributeur a augmenté, passant de 1 660 fin 2024 à 1 773 en 2025, soit une hausse de 6,8 %. Cette évolution s’explique par l’augmentation du nombre de cartes (+362 000 unités) face à un réseau de distributeurs quasi stable. Cette situation pourrait indiquer une saturation des points de retrait physiques, ou encore un glissement progressif vers des solutions de paiement alternatives, comme les portefeuilles électroniques ou les paiements en ligne.
Une utilisation plus intensive des cartes
La valeur moyenne des transactions a augmenté, comme en témoigne la croissance plus marquée des montants échangés (+12,3 %) par rapport au nombre d’opérations (+8,9 %). Cela suggère une utilisation plus intensive des cartes bancaires, même si leur adoption reste inégale selon les montants et les habitudes des consommateurs.
En résumé : Si la Tunisie progresse dans la modernisation de ses moyens de paiement, la persistance des espèces et la stagnation des infrastructures physiques rappellent que la transition vers une économie entièrement dématérialisée reste un défi de taille.